Signification des couleurs : le guide complet, couleur par couleur
23 août 2026
En bref
- Pour l'historien Michel Pastoureau, la couleur est un fait de société : son sens dépend de l'époque et de la culture.
- Le rose dit la douceur, le rouge la passion, le bleu la fidélité, le vert l'espérance, le jaune la joie.
- Une étude menée dans 30 pays (Lausanne, 2020) trouve un socle commun, avec des exceptions : blanc en Chine, violet en Grèce.
- Le rose qui calme, le rouge qui séduit et le bleu qui rend créatif n'ont pas résisté aux réplications scientifiques.
Salut c'est Théo ! Parmi les citations que ma mère avait recopiées à la main, il y a celle de Matisse : « Je sens par la couleur, c'est donc par elle que ma toile sera toujours organisée. » Elle travaillait ainsi, par périodes : une saison de rouges, une de bleus, une de verts. Ce guide raconte ce que chaque couleur signifie, d'où viennent ces significations, et ce que les historiens et les chercheurs en disent vraiment.
D'où viennent les significations des couleurs ?
Une idée simple, d'abord, qui éclaire tout le reste. Pour l'historien Michel Pastoureau, qui a consacré aux couleurs une série de livres au Seuil (Bleu en 2000, Noir en 2008, Vert en 2013, Rouge en 2016, Jaune en 2019, Blanc en 2022), la couleur est d'abord un fait de société : c'est la société qui « fait » la couleur, pas l'œil ni le pigment. Une signification n'est donc jamais gravée dans la nature. Le bleu en est la preuve : peu considéré chez les Grecs et les Romains, qui l'associaient aux peuples barbares, il est devenu au Moyen Âge la couleur du manteau de la Vierge et des rois de France, puis, aujourd'hui, la couleur préférée de la majorité des Européens. La rétine n'a pas changé. Le regard, si.
Deux autres sources traversent ce guide. La sociologue Eva Heller a interrogé environ 2 000 personnes, en Allemagne, à la fin des années 1980 : son livre Psychologie de la couleur (Pyramyd, 2009) recense les sentiments que les gens associent spontanément à chaque teinte. C'est une enquête déclarative : elle dit ce qu'une population partage, à un moment donné. Plus récemment, une équipe de l'Université de Lausanne (Jonauskaite, Mohr et leurs collègues, Psychological Science, 2020) a posé la même question à 4 598 personnes dans 30 pays : les associations entre couleurs et émotions se ressemblent beaucoup d'un pays à l'autre, avec de vraies variations locales que vous retrouverez plus bas.
Et la science des effets ? La grande revue de référence, signée Elliot et Maier (Annual Review of Psychology, 2014), conclut que la couleur peut réellement influencer nos émotions, nos raisonnements et nos gestes, mais que cette littérature en est à ses débuts : les effets dépendent fortement du contexte, et plusieurs résultats célèbres se sont dégonflés quand on les a refaits. Vous verrez dans ce guide, couleur par couleur, ce qui tient et ce qui ne tient pas. C'est le prolongement de notre article sur la psychologie des couleurs, avec les sources cette fois.
Tableau récapitulatif : la signification de chaque couleur
Pour les pressés, tout tient ici. Le détail et les sources suivent, couleur par couleur.
| Couleur | Ce qu'elle signifie en Occident | Son revers | Chez elle dans |
|---|---|---|---|
| Rose | Douceur, tendresse, romantisme, amour | Naïveté, mièvrerie | Chambre, coin lecture |
| Rouge | Amour, passion, énergie, pouvoir | Colère, danger, interdit | Salon, salle à manger |
| Orange | Amusement, sociabilité, chaleur | Rarement une couleur préférée | Cuisine, pièce à vivre |
| Jaune | Joie, optimisme, lumière | Jalousie, envie, trahison | Entrée, pièce sombre |
| Vert | Nature, espérance, chance, fraîcheur | Poison, inconstance | Bureau, salon, chambre |
| Bleu | Calme, fidélité, confiance, profondeur | Froideur, mélancolie | Chambre, bureau |
| Violet | Spiritualité, attente, extravagance | Deuil, ambiguïté | Par touches, partout |
| Noir | Élégance, force, mystère | Deuil, peur, fin | Salon, bureau, en contraste |
| Blanc | Pureté, paix, commencement, propreté | Deuil (en Asie), vide | Partout, en respiration |
| Marron | Confort, sécurité, humilité, terre | Couleur la moins aimée | Salon, salle à manger |
Signification de la couleur rose
Le rose est la couleur dont on cherche le plus la signification, et c'est aussi celle dont l'histoire surprend le plus. Dans le septième volume de sa série, Rose (Seuil, 2024), Michel Pastoureau montre qu'il a été fabriqué tard : rare dans les objets européens avant le XIVe siècle, il se diffuse dans le vêtement à la fin du Moyen Âge grâce à une teinture importée, le bois de brésil. Longtemps, il n'a même pas eu de nom à lui : c'est la fleur qui a fini par le baptiser, quand les horticulteurs du XVIIIe siècle ont réussi à créer des roses roses. C'est à cette époque qu'il devient romantique et doux.
Aujourd'hui, dans l'enquête d'Eva Heller, le rose est d'abord la couleur de la douceur, de la rêverie et de la tendresse, et l'étude de Lausanne classe l'association rose-amour parmi les plus marquées, toutes nations confondues. Son versant féminin, lui, est récent : l'historienne du vêtement Jo B. Paoletti a montré qu'au début du XXe siècle, aux États-Unis, le rose était parfois recommandé pour les garçons, le bleu pour les filles. L'inverse ne s'est fixé qu'au milieu du siècle.
Une idée célèbre à ranger : le « rose qui calme l'agressivité », né d'une observation dans une prison de Seattle en 1979. Une expérience contrôlée menée dans de vraies cellules de détention (Genschow et ses collègues, 2015) n'a trouvé aucun effet.
« Amour » (60 × 50 cm) tient le rose du côté de la chaleur : corail, orangés, un ciel mauve qui descend sur une ligne sombre. Au mur, le rose réchauffe une chambre sans la charger ; notre article pourquoi accrocher un tableau abstrait rose détaille les accords qui marchent, et la collection de tableaux roses montre toutes les nuances que ma mère en a tirées.
Signification de la couleur rouge
Pour Pastoureau (Rouge, Seuil, 2016), le rouge est la première couleur que l'être humain a su fabriquer et maîtriser, en peinture comme en teinture, et elle est longtemps restée « la couleur par excellence ». Son histoire est une suite de contradictions : signe de pouvoir dans l'Antiquité, elle évoque au Moyen Âge à la fois le sang du Christ et les flammes de l'enfer, avant d'être jugée indécente par les moralistes du XVIe siècle, puis de devenir, après la Révolution française, la couleur des forces de progrès et du mouvement ouvrier.
Cette ambivalence n'a pas disparu. Le chapitre qu'Eva Heller consacre au rouge s'intitule « pas seulement l'amour, aussi la haine » : c'est la couleur de toutes les passions. L'étude de Lausanne en fait la couleur la plus ambivalente au monde, associée, toutes nations confondues, à la fois à l'amour et à la colère.
Côté effets mesurés, une chose tient et une autre non. Aux Jeux olympiques de 2004, dans quatre sports de combat où la couleur de tenue est tirée au sort, les athlètes en rouge ont gagné significativement plus de la moitié des combats (Hill et Barton, Nature, 2005) : un effet mesuré en compétition, pas un pouvoir général. En revanche, le « rouge qui rend séduisant » n'a pas résisté aux réplications : une méta-analyse de 2018, cosignée par l'auteur de l'étude d'origine, conclut que l'effet pourrait être très petit, voire inexistant en conditions réelles.
« Trou Noir » (80 × 65 cm) est un rouge qui ne s'excuse pas : carmin, orangé, et une matière griffée au couteau qui accroche la lumière. C'est la plus grande collection du catalogue, les tableaux abstraits rouges, et c'est la couleur qui réveille un salon ou une salle à manger trop sage. Pour le doser sans qu'il prenne toute la place, lisez pourquoi accrocher un tableau abstrait rouge.
Signification de la couleur orange
L'orange n'a de nom que depuis l'arrivée du fruit en Occident : Pastoureau rappelle que le mot « orangé », dérivé du fruit importé d'Orient, apparaît à la fin du XIVe siècle, et qu'il n'est attesté comme nom de couleur qu'en 1553 d'après le Dictionnaire historique de la langue française. Avant, ces tons étaient dits rouges, jaunes, roux ou bruns. Couleur de mélange, longtemps jugée impure par une société médiévale qui ne valorisait que les couleurs pures, elle se revalorise quand on la teint au safran, produit rare réservé aux textiles précieux : l'orangé devient alors exotique, riche, solaire.
Chez Eva Heller, l'orange est la couleur de l'amusement, de la sociabilité et de la gaieté, et l'étude de Lausanne la lie à la joie et à l'amusement parmi ses associations les plus marquées, sans relever d'exception nationale, alors qu'elle en signale pour le jaune et le blanc. Paradoxe : c'est en même temps l'une des couleurs les plus rarement citées comme couleur préférée. On l'aime dans une pièce, moins sur soi. Aux Pays-Bas, où elle est la couleur de la maison d'Orange-Nassau, elle est devenue celle de la fierté nationale, du roi aux équipes sportives.
« Perroquet » (60 × 50 cm) porte cet orange-là : vif, joyeux, coupé de blancs et de quelques touches violettes qui l'empêchent de tourner au décor. C'est une couleur de cuisine et de pièce à vivre, là où l'on reçoit ; vous la retrouverez dans la collection rouge, où ma mère rangeait ses orangés.
Signification de la couleur jaune
Le jaune est la couleur qui a le plus chuté dans l'estime des Occidentaux. Pastoureau (Jaune, Seuil, 2019) montre qu'elle fut valorisée dans l'Antiquité, associée à la lumière et même à l'immortalité, avant de perdre sa valeur au Moyen Âge : l'or garde les aspects positifs (richesse, sacré), le jaune ordinaire récupère les négatifs. À partir du XIIe siècle, il devient la couleur des félons : Judas est peint en robe jaune, et l'insigne imposé aux Juifs à partir du XIIIe siècle est le plus souvent jaune. C'est le sport qui le réhabilite au XXe siècle, avec le maillot jaune du Tour de France, créé en 1919 et coloré comme le papier du journal L'Auto.
Dans l'enquête d'Eva Heller, le jaune reste contradictoire : optimisme, joie et amusement d'un côté, jalousie, envie et mensonge de l'autre, et il est rarement cité comme couleur préférée. Pourtant, jaune-joie figure parmi les associations les plus marquées de l'étude de Lausanne. Avec une réserve : le jaune est, avec le violet, la couleur dont les associations varient le plus d'un pays à l'autre, et les participants égyptiens, seuls, ne l'associaient pas à la joie. Une autre étude de la même équipe, sur 6 625 personnes dans 55 pays (2019), montre que plus on vit loin de l'équateur et sous la pluie, plus on associe le jaune à la joie. Le soleil ne vaut que par le temps gris.
« Coucher De Soleil » (60 × 73 cm) est un jaune doré, presque sable, qui fait ce que le jaune fait de mieux chez soi : apporter de la lumière là où il en manque, une entrée, un couloir, une pièce orientée au nord. La collection de tableaux jaunes va du citron au miel, et pourquoi accrocher un tableau abstrait jaune explique où le poser.
Signification de la couleur verte
Le vert doit une partie de son sens à la chimie. Pendant des siècles, raconte Pastoureau (Vert, Seuil, 2013), sa teinture fut instable et difficile à fixer : on l'a donc associé à tout ce qui change, l'enfance, l'amour, la chance, le jeu, le hasard, l'argent. D'où son ambivalence profonde : couleur de la vie, de la sève et de l'espérance, mais aussi du poison, du malheur et du Diable. Et contrairement à l'intuition, le vert n'est devenu définitivement la couleur de la nature qu'à l'époque romantique, avant de devenir celle de la santé, puis de l'écologie. L'Occident lui confie aujourd'hui, écrit Pastoureau, « l'impossible mission de sauver la planète ».
Dans l'enquête d'Eva Heller, le vert est la troisième couleur préférée, derrière le bleu et le rouge ; elle le décrit « entre l'espérance et le poison », apaisant, lié au printemps. Ailleurs, il est sacré : Pastoureau rapporte la tradition selon laquelle le Prophète avait un goût particulier pour le vert, devenu la couleur de ses descendants, puis celle de l'islam. Côté laboratoire, une série de quatre expériences (Lichtenfeld, Elliot et leurs collègues, 2012) a mesuré qu'une brève exposition au vert améliorait une tâche de créativité : un effet modeste, que les auteurs eux-mêmes demandent de ne pas surinterpréter.
« Lac De Jungle » (60 × 73 cm) est un vert profond, végétal, traversé de turquoise et de quelques éclats rouges. C'est la couleur que l'on met dans un bureau pour y respirer, ou dans un salon pour faire entrer l'extérieur : la collection de tableaux verts et l'article pourquoi accrocher un tableau abstrait vert vous aideront à choisir la nuance.
Signification de la couleur bleue
Vous l'avez lu plus haut : le bleu vient de loin. Pastoureau (Bleu, Seuil, 2000) montre que les Grecs et les Romains n'avaient pas de vrai mot pour le désigner et le tenaient pour une couleur barbare. Tout bascule aux XIIe et XIIIe siècles : il devient la couleur du manteau de la Vierge, des vitraux, puis des rois de France avec l'azur semé de fleurs de lys. De là, il ne redescendra plus. Interrogé sur les sondages, Pastoureau rappelle que plus de la moitié des Occidentaux le citent comme couleur préférée, loin devant le vert.
Eva Heller en fait la couleur de la fidélité et de la confiance ; son chapitre s'intitule « éternel comme la fidélité ». C'est la couleur qu'on choisit quand on veut du calme et de la profondeur. Une nuance, pourtant, sur les effets : l'étude qui affirmait qu'un fond bleu favorise la créativité et un fond rouge les tâches de détail (Science, 2009) n'a pas résisté à l'épreuve : une réplication directe de leur première expérience, menée avec près de quatre fois plus de participants (Steele, 2014), n'a pas retrouvé l'effet, et les expériences de créativité elles-mêmes n'ont jamais été répliquées. Et la langue elle-même façonne le bleu : une étude publiée dans PNAS en 2007 montre que les russophones, qui ont deux mots de base pour le bleu clair et le bleu foncé, distinguent plus vite deux bleus situés de part et d'autre de cette frontière.
« Douceur » (65 × 80 cm) porte bien son nom : turquoise, bleu profond, des voiles blancs qui passent. C'est le bleu d'une chambre où l'on veut dormir, ou d'un bureau où l'on veut se poser. Les tableaux abstraits bleus sont la deuxième collection du catalogue, et pourquoi accrocher un tableau abstrait bleu dit avec quoi l'accorder.
Signification de la couleur violette
Au Moyen Âge, le violet n'était pas un mélange de rouge et de bleu : Pastoureau explique qu'on le percevait comme un « sous-noir », son nom latin le plus fréquent étant subniger, demi-noir. C'est à ce titre qu'il est devenu la couleur du demi-deuil, et que les rois de France l'ont porté en signe de deuil. La liturgie catholique en a gardé la trace : le Missel romain le prescrit pour l'Avent et le Carême, temps d'attente et de pénitence. Puis, en 1856, un étudiant de 18 ans, William Perkin, cherche à synthétiser de la quinine et découvre par accident la mauvéine, premier colorant de synthèse de l'histoire : le violet, jusque-là hors de prix, devient accessible et déclenche une vraie folie dans la mode victorienne.
Dans l'enquête d'Eva Heller, le violet est la couleur la plus associée à la vanité, à l'extravagance, à l'individualisme et à l'ambiguïté. Et c'est, avec le jaune, la couleur dont les associations varient le plus d'un pays à l'autre : l'étude de Lausanne note qu'en Grèce, où le violet foncé est lié au deuil dans l'Église orthodoxe, il est associé à la tristesse.
Dans les toiles de ma mère, le violet n'est jamais une dominante : il passe par touches, comme dans « Pensées » (50 × 60 cm), où il affleure dans un ciel corail. C'est sans doute la meilleure façon de l'accueillir chez soi : en accent, dans une toile multicolore ou rose, plutôt qu'en aplat.
Signification de la couleur noire
Le noir a été exclu du monde des couleurs pendant près de trois siècles. Pastoureau (Noir, Seuil, 2008) retrace comment l'imprimerie, l'image gravée, la Réforme protestante puis la découverte du spectre par Newton l'ont repoussé hors des couleurs, avant que le XXe siècle, l'art d'abord, ne lui rende son statut. Le latin distinguait déjà deux noirs : niger, le noir brillant, et ater, le noir mat, à l'origine du mot « atroce ».
Chez Eva Heller, le noir cumule les extrêmes : couleur la plus citée pour le deuil, la fin, les secrets, la force, mais aussi pour l'élégance. L'étude de Lausanne confirme ce poids : dans tous les pays, le noir et le rouge sont jugés les couleurs les plus chargées en émotion, et les paires noir-tristesse et noir-peur figurent parmi les associations les plus marquées. Une étude restée célèbre (Frank et Gilovich, 1988) avait observé que les équipes en maillot noir étaient parmi les plus pénalisées des ligues américaines de football et de hockey ; l'effet est débattu depuis, une réanalyse de 2011 ne le retrouvant pas au hockey.
« Mer De Glace » (60 × 73 cm) montre le noir tel que ma mère le travaillait : jamais seul, toujours traversé de blanc, avec une pointe d'ocre. C'est le noir élégant, celui qui donne sa structure à un salon clair. La collection noir et blanc et l'article pourquoi accrocher un tableau abstrait noir et blanc en font le tour.
Signification de la couleur blanche
Le blanc est une couleur à part entière, et Pastoureau (Blanc, Seuil, 2022) rappelle que ce statut n'a jamais été contesté avant le XVIIe siècle : c'est la décomposition de la lumière par Newton qui l'a fait sortir de l'ordre des couleurs. Sa symbolique occidentale est nettement plus positive que négative : pureté, innocence, sagesse, paix, propreté, et, à partir du XVIIIe siècle, hygiène et santé. Mais il a aussi été la couleur du deuil, en Occident même : les reines de France portent le deuil en blanc jusqu'au XVIe siècle.
Dans l'enquête d'Eva Heller, presque aucun concept négatif ne s'attache au blanc, qu'elle range du côté du commencement et de l'idéal ; il n'est pourtant la couleur préférée que de 2 % des répondants, et 1 % seulement le citent comme couleur la moins aimée. Une expérience de Sherman et Clore (Psychological Science, 2009) a même montré que les mots liés à la morale sont reconnus plus vite quand ils sont écrits en blanc, et les mots immoraux en noir : un effet de laboratoire, à ne pas surinterpréter. Et l'exception culturelle est nette : dans l'étude de Lausanne, les répondants chinois associent le blanc à la tristesse bien plus que les autres, en lien avec les vêtements blancs des funérailles.
« Mami » (60 × 60 cm) est presque entièrement blanche, avec des touches roses et bleues qui remontent du bas. Le blanc au mur est une respiration : il sert les pièces chargées et les petits espaces, et il laisse la place aux autres couleurs. Vous la trouverez dans la collection rose.
Signification de la couleur marron
Le marron est, pour Pastoureau, « de nos onze couleurs et demi-couleurs, la moins aimée, bien qu'elle foisonne dans la nature, les sols, les végétaux ». Le mot lui-même vient de l'italien marrone, la grosse châtaigne : il désigne le fruit dès 1526 et ne devient un nom de couleur qu'au XVIIIe siècle, d'après le dictionnaire du CNRS. Au Moyen Âge pourtant, le brun est une couleur choisie : les franciscains adoptent un habit non teint, du marron au gris, par volonté de retour à la pauvreté, pour se distinguer du noir des bénédictins et du blanc des cisterciens. Pastoureau lui-même note que le marron n'a guère d'aspect positif « sauf si on considère l'humilité et la pauvreté comme des vertus ».
Dans l'enquête d'Eva Heller, le brun arrive en tête des couleurs les moins aimées. Mais elle relève un paradoxe qui intéresse tout le monde ici : il est partout dans la décoration intérieure, parce qu'il porte le confort douillet et le sentiment de sécurité du foyer. L'étude de Lausanne le décrit autrement : de toutes les couleurs testées, c'est celle qui déclenche le moins d'associations émotionnelles. Une couleur muette plutôt que négative, et c'est précisément ce qui la rend facile à vivre.
« Forêt Noire » (60 × 73 cm) est une toile de terre : ocres, bruns, blancs en relief. Elle s'accorde au bois, au lin et au cuir d'un salon, là où un rouge ou un bleu demanderaient qu'on les écoute. Ma mère rangeait ses ocres avec les tableaux jaunes.

« Les peintures de Régine Gardan sont une véritable symphonie de couleurs qui nous emmènent vers le plus profond de notre être. Notre âme est touchée... »
Questions fréquentes
Quelle couleur symbolise l'amour ?
Le rouge, d'abord, et le rose juste derrière. Dans l'étude internationale de Lausanne, les paires rouge-amour et rose-amour font partie des associations les plus marquées, toutes nations confondues. La différence tient à l'intensité : le rouge porte aussi la colère et la passion, le rose la tendresse et la douceur.
Quelle est la couleur la plus apaisante ?
Le bleu est la couleur que les Occidentaux préfèrent le plus largement, et Eva Heller en fait celle de la confiance ; le vert est décrit comme apaisant dans la même enquête. Ce sont des associations partagées, pas des effets garantis : la revue d'Elliot et Maier rappelle que l'effet d'une couleur dépend de la pièce, de la lumière et de la personne.
Les significations des couleurs sont-elles les mêmes partout ?
En grande partie, avec des exceptions nettes. L'étude de Lausanne trouve un socle commun à 30 pays, mais le blanc est lié à la tristesse en Chine, le violet en Grèce, et les participants égyptiens n'associent pas le jaune à la joie. Pour Pastoureau, une signification dépend toujours de l'époque et de la culture qui la produisent.
Comment choisir la couleur d'un tableau pour son intérieur ?
Partez de ce que vous voulez ressentir dans la pièce, puis de ce qui s'y trouve déjà. Une chambre appelle le bleu, le rose ou le vert ; un salon supporte le rouge, le jaune et le noir en contraste. Notre guide pour choisir un tableau selon sa personnalité prend la question par l'autre bout : vous, plutôt que le mur.
Choisir sa couleur, et la voir chez soi
Une signification ne se commande pas : vous la sentez devant la toile, ou pas. Parcourez la collection, plus de deux cents toiles originales peintes à la main, classées par couleur, du rose au noir et blanc. Et si une couleur vous parle sans que vous sachiez pourquoi, notre article sur le feng shui des couleurs au salon vous donnera une autre grille pour la placer.


















